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Les écrivains que j’aime lire à voix haute ne
cherchent pas à expliquer le monde mais à l’exprimer. La précision,
l’exactitude, la maîtrise avec lesquelles ils manient le langage, les
préservent de toute illusion quant à rendre compte directement du monde.
Le texte, objet d’art littéraire est à lire comme une carte où le réel
se produit sur une autre scène. Le texte est l’espace qui inscrit ce
déplacement du réel sur la scène de la pensée, en conserve les traces,
les parcours, les itinéraires. Les mots en sont l’ombre portée, la
mesure de l’écart.
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